Les 5 pires expériences scientifiques sur la privation de sommeil

Savez-vous ce qui arriverait si vous ne pouviez plus du tout dormir ni rêver ? Depuis 1989, la catégorie « privation de sommeil » a été supprimée du livre Guinness des records, car elle a été reconnue trop dangereuse. Et pour cause ! Je vous propose aujourd’hui de visiter les 5 expériences scientifiques les plus extrêmes sur le sommeil et les rêves que j’ai trouvé, au fil de mes recherches sur les rêves. Histoire de se rappeler que bien dormir et rêver sont des besoins vitaux.

1/ Le lien entre le sommeil des médecins et leur efficacité au travail

En 2002, dans un hôpital de Boston, une expérience a été menée sur deux groupes de médecins. Le premier s’est vu attribuer des horaires allégés tandis que le second continua dans les conditions de travail en vigueur. Ils devaient tous prendre des notes sur leur travail et leur sommeil.

Les médecins du premier groupe dormaient en moyenne quarante minutes de moins par nuit et travaillaient environ dix-neuf heures de plus par semaine. Les résultats de cette étude ont montré qu’ils étaient deux fois plus sujets à des pertes d’attention (marquées par un roulement lent des yeux) les soirs où ils travaillaient. Le plus problématique, c’est que cette étude a également révélé une relation entre le manque de sommeil et le nombre d’erreurs graves, voire fatales dans les diagnostics ou les traitements prescrits par les médecins.

2/ Diabète, obésité et manque de sommeil

Connaissez-vous la fringale de la nuit blanche ? Un mauvais sommeil induit des pics de ghréline, une hormone qui stimule la faim en réduisant les réserves de leptine, l’hormone qui la supprime. Se priver de sommeil, détraque l’appétit.

Selon une étude menée sur 500 adultes pendant treize ans, les personnes qui dorment moins de 6 heures par nuit ont un taux d’obésité plus de 7 fois supérieur aux autres. Une autre enquête sur plus de 1500 personnes a donné les conclusions suivantes : ceux qui dorment régulièrement moins de 5 heures par nuit présentent 2 fois plus de risque de déclencher du diabète que les dormeurs de plus de 7 heures. Alors fringale ou dodo ? Si vous rencontrez des difficultés à vous endormir, vous apprécierez peut-être ces conseils et pratiques pour retrouver le sommeil.

3/ Le pari fou d’un habitué de la nuit

En janvier 1959, Peter Tripp, un DJ populaire aux États-Unis décida de récolter des fonds pour un organisme caritatif en tentant le défi de rester éveillé 200 heures. Soit plus de 8 jours sans dormir.

La santé et la motivation ne font pas tout !

Âgé de 32 ans, en pleine santé, il s’imaginait pouvoir y arriver. Il s’installa dans un cube en verre sur Times Square, à New York, d’où il pouvait animer son émission de radio et divertir les passants.

Des médecins et psychiatres basés dans un hôtel voisin le surveillaient en permanence pour vérifier qu’il ne dormait pas. Quand il faiblissait, ils tentaient de le divertir en plaisantant, en jouant à des jeux avec lui, ou en le secouant.

Les 2 premiers jours, Tripp fut aussi gai et dynamique qu’à son habitude. Mais dès le 3e jour, sa bonne humeur disparut et il commença à agresser verbalement les personnes qui venaient le voir. Il arrivait tout de même à reprendre ses esprits pour animer son émission de radio quotidienne. Au milieu de l’expérience, c’est à dire après 100 heures sans dormir, le journal le Times déclara qu’il apparaissait « fatigué, mais physiologiquement normal et capable de mener une conversation normale ».

Et ça se complique…

Puis, il perdit le contact avec la réalité. Il quitta ses chaussures et demanda pourquoi personne ne se préoccupait des centaines d’araignées qui fourmillaient dans ses semelles. Il soutint que l’horloge de Times Square avait été remplacée par le visage d’un ami à lui. La température de son corps chuta dangereusement et son élocution tourna au grommellement. Après 135 heures sans sommeil, les blagues des psychiatres n’eurent plus d’effet sur lui. Ils durent lui administrer de la Ritaline pour le maintenir éveillé. Vers la fin de l’expérience, il s’enfuit en voyant arriver un médecin, croyant qu’il s’agissait d’un directeur des pompes funèbres. Un des chercheurs confessa par la suite : « La toute dernière nuit, il était tellement bizarre que nous avions du mal à ne pas lui demander de tout arrêter ».

Après 201 heures sans sommeil, Tripp se traîna en trébuchant à l’hôtel et y dormit 13 heures et 13 minutes, passant la plupart du temps en sommeil paradoxal. Ses hallucinations cessèrent et sa bonne humeur revint le jour suivant. Mais les médecins reconnurent qu’ils avaient pris des risques considérables.

4/ Un ado de 17 ans décide de battre le record de privation de sommeil

Ah l’humain et son égo ! « Fais ci et je te montrerai que je peux faire ça…! »

En 1965 à San Diego, Randy Gardner, un étudiant de 17 ans à la recherche d’un projet scientifique, eut entendu parler de l’expérience de Peter Tripp. Il s’imagina évidemment le dépasser et décida de tenter de battre le record de privation de sommeil en restant éveillé 264 heures, soit 11 jours.

William Dement, un des médecins pionniers de la recherche sur le sommeil, lui proposa de l’aider dans sa démarche. La tâche devint chaque nuit plus difficile surtout entre 3 et 7 heures du matin. Quand Randy demandait à fermer les yeux, Dement l’envoyait jouer au ballon ou lui criait dessus. Pour anecdote, le grand scientifique paya les frais de cette surveillance nocturne : il fût verbalisé par la police après avoir pris une route à contre sens.

Dès le 2e jour, l’état physiologique et psychologique de Gardner se dégrada. Il avait du mal à fixer son regard et dut abandonner sa distraction préférée, la télé. Il commença à avoir des nausées et perdre le contrôle de ses muscles à partir du 3e jour. Le jour suivant, son humeur s’assombrit et il sentit comme un bandeau lui enserrer la tête. Le 11e jour, on lui proposa un exercice. Il devait compter à reculons de 7 en 7 en partant de 100. À 65, il s’arrêta, incapable de se rappeler ce qu’il était en train de faire.

Quand il fut amené à l’hôpital après 252 heures sans dormir, son état était devenu alarmant. Il souffrait d’anxiété, d’une irritabilité intermittente, de problèmes d’élocution, d’une absence de coordination, et d’hallucinations. Sa voix était « douce, lente, traînante, sans relief, sans inflexions ». Ses paupières tombaient, son visage n’avait plus d’expression, ses bras tremblaient.

5/ Devenir fou ou mourir ?

Quand on saute une nuit de sommeil, on se rattrape la nuit suivante en prolongeant les périodes de sommeil paradoxal. C’est ce qu’on appelle « le rebond ». Notre organisme réajuste ces rythmes naturels pour compenser ce déficit, crucial à notre santé. L’impossibilité de rêver, étroitement liée à cette phase du sommeil, pourrait être responsable des dégâts physiques et psychiques qu’entraînent la privation de sommeil.

Les pauvres animaux de laboratoire privés de sommeil paradoxal uniquement souffrent des mêmes symptômes que ceux que l’on a complètement empêché de dormir. Les rats, par exemple, meurent après 4 à 6 semaines sans sommeil paradoxal contre 2 à 3 semaines sans sommeil du tout.

De nombreux chercheurs ont étudié les conséquences de la privation de sommeil paradoxal sur différentes espèces animales. L’une d’entre elles a montré qu’en empêchant les bébés singes de rêver, ces derniers ne dorment plus du tout. Les ratons, dans de telles circonstances, deviennent incapables de s’alimenter et meurent. Une anxiété et une agressivité anormales, une modification des comportements sexuels, des modifications de certaines structures nerveuses ont été observées sur des chatons privés de sommeil paradoxal par le biais d’antidépresseurs (expériences de Cyrulnik et Ohayon).

Les conséquences de la privation de sommeil

Nous le savons avec certitude aujourd’hui, le sommeil est crucial pour la santé et l’apprentissage. Il nous est tous arrivé d’expérimenter les effets de la privation de sommeil occasionnellement, qui se répercutent tout au long de la journée suivante. J’espère que cet article vous aura donné envie de ne pas répéter ces expériences trop souvent, vous savez maintenant qu’elles provoquent :

  • De la fatigue !
  • Des déficits d’attention,
  • De l’irritabilité, des fluctuations de l’humeur
  • Des dérèglements hormonaux,
  • L’augmentation du risque de crise cardiaque et d’AVC,
  • L’affaiblissement du système immunitaire,
  • Une élévation de la pression sanguine, une augmentation du risque d’hypertension si le manque de sommeil devient chronique,
  • Une augmentation du risque de diabète et d’obésité,
  • Des hallucinations, des troubles de la personnalité, de la paranoïa,
  • Des trous de mémoire, difficultés d’apprentissage et de mémorisation.

Bien qu’il soit difficile d’isoler et de généraliser les effets d’une composante du cycle du sommeil, les rêves pourraient être le moment le plus important pour la consolidation des souvenirs à long terme. Durant les premières phases du sommeil, nous revisitons notre passé immédiat mais c’est bien pendant les étapes suivantes, quand les rêves se produisent, que s’accomplit le travail de traitement des souvenirs les plus anciens et significatifs.

Du dodo, des rêves et de notre Évolution

Le sommeil est les rêves sont donc essentiels à notre bien être physique, physiologique et psychique. Grâce à un dialogue inconscient permanent entre notre programme d’espèce et nos trajectoires de vie, le rêve nous permettrait d’enregistrer, trier et réorganiser chaque nuit les informations glanées pendant nos journées et de ne garder que celles indispensables à notre évolution.

J’espère ne pas vous avoir heurté en rapportant ici les résultats d’expériences scientifiques sur des animaux. Ce sujet m’a toujours posé un problème d’éthique, mais j’estime que les découvertes sur le sommeil et l’importance des rêves doivent être connues par le plus grand nombre. Il existe bien d’autres méthodes plus respectueuses du Vivant, reconnues et utilisées par la science d’aujourd’hui bien qu’on en entende peu parler dans les médias. Prochainement, je vous parlerai d’expériences sur le remote viewing, les rêves télépathiques et prémonitoires ainsi que les transes chamaniques. N’hésitez pas à commenter cet article pour enrichir cet article de vos propres expériences et réactions. Merci !

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Comments

    • Marie says:

      Génial, le monde d’avant axé sur la compétition et « c’est qui le plus fort ? » est en train de s’éteindre. Beaucoup d’humains d’aujourd’hui agissent et réalisent le rêve de la construction d’un monde plus cohérent et unifié où ce genre de défis n’a plus de sens ni d’adeptes. Merci pour ta contribution et ton intérêt pour mon blog !

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