Tout ce que vous ratez en laissant vos rêves endormis

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Imaginez-vous avec la lampe d’Aladin entre les mains. À quoi ressemble votre génie ? Quels souhaits formuleriez-vous pour vivre enfin la vie de vos rêves ? Maintenant, imaginez que cet objet précieux devient un murmure, une lueur, qui vous guide chaque nuit. En y prêtant attention, vous vous rendez compte qu’elle vous montre le chemin vers ce que vous souhaitez vraiment, au fond de vous. Cette lampe qui parle et projette, représente vos rêves. Ne pensez-vous pas qu’il serait grand temps de rallumer tous ces rêves endormis ?

Les rêves endormis : le moyen de réussir ou rater sa vie ?

Il y a autant de points de vue sur les rêves qu’il en existe sur la réalité. Pensez-vous comme certains, que ne pas prêter attention à ses rêves permet de se concentrer sur la vie réelle ? Ou au contraire, que vos rêves influencent, interfèrent voir conditionnent vos vies ?

Il n’y a que deux conduites avec la vie : Ou on la rêve ou on l’accomplit.

René Char. Poésies

La vie est un sommeil, l’amour en est le rêve, et vous aurez vécu si vous avez aimé.

Alfred de Musset. À quoi rêvent les jeunes filles (1832)

La vie est un rêve, fais en une réalité.

Mère Teresa. Une pensée par jour avec Mère Teresa (2005)

Réveillez vos rêves pour améliorer votre santé

Si vous commencez à vous (ré)intéresser aux rêves, vous allez vous rendre compte qu’ils sont des tremplins pour une meilleure qualité de vie : mieux dans son lit, dans son corps, dans son esprit et dans sa vie !

Bien dormir pour bien rêver

Essayer de faire de beaux rêves amène à prendre soin de soi et de son sommeil :

  • créer un environnement confortable;
  • retrouver des habitudes saines et respectueuses de ses besoins ;
  • pratiquer des activités relaxantes (méditation, sophrologie, yoga, tai-shi…) ;
  • arrêter les somnifères qui éliminent les rêves…

Ces petites attentions peuvent rendre nos nuits bien plus ressourçantes et sortir du mode rêves endormis. Retrouvez ici trois actions à mettre en place pour se souvenir plus facilement de ses rêves.

Mieux se comprendre pour mieux réagir

Les rêves reflètent nos pensées et émotions, bien souvent en rapport avec les situations vécues dans notre quotidien. Apprendre à décrypter le langage des rêves permet de :

  • comprendre ses réactions et ses comportements ;
  • identifier les causes des difficultés, peurs, blocages ;
  • trouver des solutions, de nouvelles attitudes pour résoudre les problèmes ;
  • agir davantage en accord avec ses valeurs ;
  • faire moins de rêves récurrents et de cauchemars.

Développez ses capacités psychiques

« Pour aller là où on ne sait pas, il faut aller là où on ne sait pas ».

Jean de la Croix
rêve conscient

Les rêves sont une porte vers nos possibilités et potentiels extrasensoriels :

  • l’exploration des états de conscience modifiée : rêves éveillés, rêves lucides ;
  • la capacité à communiquer par la pensée : rêves télépathiques ;
  • l’accès à des connaissances, des diagnostics ou des événements futurs : les rêves prémonitoires ;

« Ceux qui rêvent éveillés ont connaissance de mille choses qui échappent à ceux qui ne rêvent qu’endormis. Dans leurs brumeuses visions, ils attrapent des échappées de l’éternité et frissonnent, en se réveillant, de voir qu’ils ont été un instant sur le bord du grand secret. »

Edgar Poe

Ces pratiques demandent de l’entraînement et de la patience. On ne peut évidemment pas passer du jour au lendemain des rêves endormis à une conscience pure. La méditation et l’interprétation régulière de ses rêves permettent de développer ses expériences. Voies d’introspection et de transformation, elles guident pas à pas vers le développement de nos potentiels inexplorés.

Les songes, une école pour chasseurs de mensonges

Les frontières entre le rêve et la réalité sont troubles. Les images perçues en rêve semblent parfois très proches de nos perceptions réelles. Elles provoquent des émotions vives, de la joie intense à la terreur cauchemardesque.

Pourtant, le rêve reste souvent assimilé à l’illusion, l’imagination et la perte du sens des réalités. Ne dit-on pas de quelqu’un qui se complaît dans des pensées vagues et abstraites qu’il est un grand rêveur ?

Le rêve est néanmoins un fait, scientifiquement prouvé et étudié depuis de nombreuses années. L’interprétation d’un rêve peut nous libérer ou nous enfermer dans une vision erronée de la réalité. Tout comme une perception mensongère de la réalité.

Pour illustrer ce qui se cache derrière cette dualité, je vous propose une petite histoire.

Les Deux Rêveurs

« Dans la ville d’Ispashan, en Perse, vécut autrefois un paysan très misérable. Il n’avait pour tout bien qu’une humble maison basse couleur de terre ensoleillée. Devant cette maison était un champ de cailloux, au bout de ce champ une source et un figuier. C’était là tout son bien.

Cet homme, qui travaillait beaucoup pour peu de récolte, avait coutume, quand le cadran solaire à demi effacé sur sa façade indiquait l’heure de midi, de faire la sieste à l’ombre de son figuier. Or, un jour, comme il s’était endormi, la nuque contre le tronc de son arbre, un beau rêve lui vint.

Il se vit cheminant dans une cité populeuse, vaste, magnifique. Le long de la ruelle où il marchait nonchalamment étaient des boutiques foisonnantes de fruits et d’épices, de cuivres et de tissus multicolores. Au loin, dans le ciel bleu, se dressaient des minarets, des dômes, des palais couleur d’or. Notre homme, contemplant avec ravissement ces richesses, ces beautés, et les visages avenants de la foule alentour, parvint bientôt, dans la lumière et l’aisance de ce songe béni, au bord d’un fleuve que traversait un pont de pierre.

Vers ce pont il s’avança et soudain fit halte, émerveillé, au pied de la première borne. Là était dans un grand coffre ouvert, un prodigieux trésor de pièces d’or et de pierres précieuses. Il entendit alors une voix qui lui dit: « Tu es ici dans la grande cité du Caire, en Égypte. Ces biens, ami, te sont promis. » À peine ces paroles allumées dans son esprit, il s’éveilla sous son figuier, à Ispashan. Il pensa aussitôt que Dieu l’aimait et désirait l’enrichir. « En vérité, se dit-il, ce rêve ne peut être que le fruit de son indulgente bonté. » Il boucla donc son baluchon, cacha la clé de sa masure entre deux pierres du mur et s’en alla sur l’heure en terre d’Égypte, chercher le trésor promis.

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Le voyage fut long et périlleux, mais par grâce naturelle le bonhomme avait le pied solide et la santé ferme. Il échappa aux brigands, aux bêtes sauvages, aux pièges de la route. Au bout de trois rudes semaines, il parvint enfin à la grande cité du Caire. Il trouva cette ville exactement comme il l’avait vue dans son rêve: les mêmes ruelles vinrent sous ses pas. Il chemina parmi la même foule nonchalante, le long des mêmes boutiques débordantes de tous les biens du monde. Il se laissa guider par les mêmes minarets, au loin, dans le ciel limpide. Il parvint ainsi au bord du même fleuve que traversait le même pont de pierre. À l’entrée du pont était la même borne. Il courut vers elle, les mains déjà tendues à la fortune, mais presque aussitôt se prit la tête en gémissant. Là n’était qu’un mendiant, qui lui tendit la main en quête d’un croûton de pain. De trésor, pas la moindre trace.

Alors notre coureur de songes, à bout de forces et de ressources, désespéra. « À quoi bon vivre désormais, se dit-il. Plus rien de souhaitable ne peut m’advenir en ce monde. » Le visage baigné de larmes, il enjamba le parapet, décidé à se jeter dans le fleuve. Le mendiant le retint par le bout du pied, le ramena sur le pavé du pont, le prit aux épaules et lui dit: « Pourquoi veux-tu mourir, pauvre fou, par un si beau temps? »

L’autre en sanglotant lui raconta tout : son rêve, son espoir de trouver un trésor, son long voyage. Alors le mendiant se prit à rire à grands éclats, se frappa le front de la paume, et le désignant alentour comme un bouffon faramineux: « Voilà bien le plus parfait idiot de la terre, dit-il. Quelle folie d’avoir entrepris un voyage aussi dangereux sur la foi d’un rêve! Je me croyais d’esprit malingre, mais auprès de toi, bonhomme, je me sens sage comme un saint derviche. Moi qui te parle, toutes les nuits, depuis des années, je rêve que je me trouve dans une ville inconnue. Son nom est, je crois, Ispashan. Dans cette ville est petite maison basse couleur de terre ensoleillée, et la façade pauvrement ornée d’un cadran solaire à demi effacé. Devant cette maison est un champ de cailloux, au bout de ce champ une source et un figuier. Toutes les nuits, dans mon rêve, je creuse un trou profond au pied de ce figuier, et je découvre un coffre empli à ras bord de pièces d’or et de pierres précieuses. Ai-je jamais songé à courir vers ce mirage?

– Non, je suis, moi, un homme raisonnable. Je suis resté à mendier tranquillement ma pitance sur ce pont fort passant. Songe, mensonge, dit le proverbe. Où Dieu t’a mis tu aurais dû demeurer. Va, médite et sois à l’avenir moins naïf, tu vivras mieux. »

Le paysan, à la description faite, reconnut sa maison et son figuier. Le visage tout à coup illuminé, il embrassa le mendiant éberlué par cet accès subit d’enthousiasme et retourna à Ispahan, courant et gambadant comme un homme doué de joie inépuisable. Arrivé chez lui, il ne prit même pas le temps d’ouvrir sa porte. Il empoigna une pioche, creusa un grand trou au pied de son figuier, découvrit au fond de ce trou un immense trésor. Alors, se mettant la face contre terre : « Dieu est grand, dit-il, et je suis son enfant. »

Henri Gougaud, Contes de sages soufis.

Alors, prêts à les réveiller ces rêves endormis ?

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